Un viol est justifié pour 27% des Européens! La victime était « ivre » ou « sexy »!

Cette étude prouve qu’il existe encore des idées reçues fausses sur le viol. Une victime qui « ne dit pas clairement non », qui était « ivre » ou portait des vêtements « sexy » : selon 27% des Européens, ces odieux arguments peuvent être avancés pour « justifier » qu’un viol soit « acceptable dans certaines circonstances ». Le fait de se rendre volontairement chez quelqu’un, par exemple en sortant de soirée, « légitime » également le viol pour 11 % d’entre eux.

« Des personnes pensent qu’avoir des relations sexuelles sans consentement peut être justifié dans certaines situations. Pensez-vous que cela s’applique aux circonstances suivantes ? » C’est la question qui a été posée à 27 000 personnes, dans les 28 pays de l’Union européenne*, avec une liste de « circonstances » à choisir. C’est en Roumanie (55%) et en Hongrie (47%) que le viol est le plus « acceptable » selon les circonstances citées. En France, 31% des sondés pensent qu’un viol peut se « justifier ». C’est en Espagne et en Suisse où ces chiffres apparaissent les plus bas. Autre sujet abordé : l’intérêt qu’on accorde à une femme qui dit avoir été violée. 22 % des personnes interrogées estiment ainsi que les femmes « inventent » ou « exagèrent souvent » les accusations de mauvais traitement ou de viol. Seuls 13 % des personnes sondés en France ont validé cette affirmation.

Ces chiffres, choquants, montrent pourtant une réalité : aujourd’hui encore, les victimes de viol ou de violences conjugales doivent batailler pour être entendues. Aujourd’hui encore, quand elles ont le courage de témoigner, elles ont trop souvent l’impression d’être jugées sur leur physique, leur manière de s’habiller, leur vie. Ce qui induit de la culpabilité, de la honte, et entraîne le silence. Pourtant, ce n’est pas parce que vous portez une jupe, que vous étiez dans la rue à 3h du matin ou que vous aviez bu un verre, que vous êtes responsable. Il faut le redire et le redire : ce n’est jamais la faute des femmes, mais bien celle des agresseurs.

En cas de menace ou de risque de violences, en cas d’agression, il faut contacter la police en faisant le 17. Autres numéros à retenir : le 3919 (Violences Femmes Info) et le 0 800 05 95 95 (Viols Femmes Informations).

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